La revue de presse DPP
Lundi 30 août 2004
La presse française connaît une conjoncture difficile
Pour la 4e année consécutive, la presse quotidienne nationale a vu ses revenus publicitaires chuter de façon très importante en 2003. Par rapport à 2002, elle est de - 10 % mais si on compare les chiffres 2003 à ceux obtenus en 2000, elle se situe à - 45 % !

En parallèle, le lectorat continue à fondre et la diffusion baisse de 2 % sur un an.

Les causes de ces records, dont la PQN se seraient bien passée, sont à chercher davantage vers l'inadaptation de son management, curieusement "hors course", apparemment inconscient des lourdes tendances qui bouleversent les comportements sociétaux de nos concitoyens, plutôt que vers une économie impalpable et privée de croissance.

L'uniformité des sources d'informations - les rédactions fondent comme peau de chagrin et s'alimentent toutes aux mêmes agences de presse -, les auto-censures que les journalistes se complaisent à pratiquer sur eux-mêmes en une curieuse auto-flagellation et le pauvre intérêt des contenus éditoriaux ont détourné le pays tout entier de sa presse, une presse qui, de plus, semble se contenter et se complaire à (sur)vivre des subventions de l'Etat.

Le premier trimestre de l'année 2004 ne s'est pas traduit par une réelle embellie. On a bien assisté à une augmentation de 9,1 % des investissements publicitaires du 1er janvier au 31 mars. Cependant, ce sont les journaux gratuits - dont il faut reconnaître que, souvent, le contenu vaut bien celui des titres payants - qui se taillent la part du lion avec un bond de 78,8 % !

La baisse de la diffusion est donc inéluctable pour la presse traditionnelle. La famille composée de la presse quodienne, des hebdomadaires et des magazines est en retrait de 1,1 % quant au nombre de ses lecteurs. La presse technique et professionelle n'est pas mieux lotie avec une chute de sa diffusion de plus de 5 % en 2003.

Si elle a un jour été puissante, le presse française ne l'est certainement plus. Face à ses fournisseurs par exemple : le chiffre d'affaires moyen d'un grand producteur de papier journal ou magazine est supérieur au chiffre d'affaires total de tous nos journaux et magazines réunis ! Le marché français ne représente plus que 2 % du marché mondial et, en Europe, le Royaume-Uni et l'Allemagne pèsent chacun plus de trois fois le marché français.

Source : Société professionnelle des papiers de presse (SPPP) / Compagnie française des papiers de presse (CFPP).